Entre deux parties: La Princesse et la Grenouille
Ecrit par Philid | Actu, Cinoche

Au programme hier soir, La Princesse et la Grenouille, le dernier et non moins illustre Disney. Et que dire, si ce n’est que la nomination de John Lasseter au poste de directeur artistique des studios d’animation Disney est très certainement la meilleure chose qui soit arrivé à la maison aux grandes oreilles depuis de très nombreuses années.
S’il fait office de pionnier de la 3D avec notamment Toy Story 1 et 2, il semble surtout avoir tout compris au cinéma d’animation, voir au cinéma tout court. Ainsi, si de son côté, Pixar continue de fournir les salles obscures en petits bijoux, John Lasseter est tranquillement mais sûrement en train de redonner ses lettres de noblesse au studio d’animation le plus connu au monde. A tel point qu’il parait difficile à l’heure actuelle de trouver un personnage plus influent que lui depuis Walt Disney lui-même, ce dernier étant très certainement fier du chamboulement que subit ces temps-ci son entreprise, tout mort qu’il soit.
Pour en revenir à La Princesse et la Grenouille, puisque c’est de cela qu’il est question, le dessin animé parvient à habillement se réapproprier l’ensemble des codes chers aux grands classiques du studio pour les moderniser avec talent. Si le charme de la 2D est indéniable, d’autant plus que la maîtrise est ici totale et offre des images d’une beauté rare, la Princesse et la Grenouille réussi à convaincre non pas en jouant à outrance sur la fibre nostalgique mais bien en développant un conte accrocheur de bout en bout. Déjà entraperçu dans Volt, le sens du rythme prend ici tout un sens tant on ne décroche pas de cette fable contemporaine. Avec une partition musicale teintée de Jazz de grande qualité signée Randy Newman (Monstres et Cie, Toy Story 2…) et des personnages suffisamment denses pour s’y attacher dès les premières minutes, Disney étonne surtout en développant au fil de leurs dernières créations un humour qu’on ne connaissait pas au studio, aux multiples degrés et parfois sincèrement hilarant. C’est à se demander quelle est la formule magique de John Lasseter.
Ainsi, John Musker et Ron Clements (La Petit Sirène, Aladdin…) livrent avec La Princesse et la Grenouille un véritable tour de force, à la fois hommage vibrant au cinéma d’animation classique (le film regorge de clins d’œil), mais aussi et surtout, long-métrage parfaitement viable à l’heure où les productions 3D trustent les sorties.
Si Disney avait déjà tenté la modernité avec un certain talent (Kuzco est hautement sous-estimé) ce retour aux sources va plus loin et prouve de fort belle manière qu’il y a encore une place pour la 2D. Espérons maintenant qu’il serve de tremplin à de nombreux petits frères tout aussi réussis.
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