Le petit jeu des déclarations: Yves Guillemot reconnaît l’échec Avatar
Ecrit par Philid | Actu, Business, Cinoche, Nintendo, PC, PS3, PSP, Sony, Wii, XBox 360
Yves Guillemot, PDG d’Ubi Soft, Navy désabusé :
On savait qu’on prenait [un risque]. Le fait que le film sorte en décembre était un problème potentiel, et ça s’est soldé par un problème. On pensait que le jeu continuerait de se vendre après la nouvelle année, mais au lieu de ça, il a suivi une courbe de ventes descendante, plus typique.
On a très souvent tendance à comparer le jeu vidéo au cinéma. Le premier s’inspirant régulièrement du second, leur complémentarité est aujourd’hui devenue une évidence.
Une évidence qui devrait logiquement aboutir sur la reconnaissance de la dimension artistique incontestable qui émane de certains titres et en amont, à des développeurs capables de s’inspirer des méthodes de création du 7ème art pour en tirer le meilleur, visuellement, scénaristiquement.
C’est parfois le cas. Dans d’autres cas, ce lien est avant tout l’occasion de surfer sur un succès pour en tirer des bénéfices supposés eux aussi évidents, faisant alors du jeu vidéo avant tout un produit dérivé au même titre qu’une trousse ou un jouet de Happy Meal.
Il y a pourtant très certainement de quoi faire. King Kong ou Blade Runner ont par exemple su intelligemment réutiliser un matériau de qualité et lui incorporer un game design cohérent. Il en résulte des univers plus profonds et d’excellents titres qui se suffisent d’ailleurs à eux-mêmes.
Ils ont pourtant bien du mal à surnager parmi la quantité de titres tantôt moyens, tantôt pourris qui affichent comme principal argument de vente le nom du film dont ils sont tirés. Un choix trop souvent jugé judicieux par des équipes marketings convaincues de potentiel de crédulité des joueurs, alors même que l’histoire a prouvé que l’idée était loin d’être incontestable. E.T. a ainsi largement contribué au krach de 1983, et c’est aujourd’hui Avatar qui plonge l’action d’Ubi dans la tourmente.
Si l’argument de l’argent mis dans l’achat de la licence et donc, par extension, pas dans le jeu, paraît assez fumeux ici, Yves Guillemot met bien en avant l’échec quasi inévitable qui consiste, même avec toute la bonne volonté du monde, à produire un jeu de qualité lorsque il faut faire face à des durée de développement ridiculement réduites. A croire qu’en achetant une licence, on oublie que l’on achète aussi bien souvent une date de sortie.
Si l’on est bien loin des 4 mois de développement d’E.T., le problème est le même et démontre qu’à l’heure où développer prend de plus en plus de temps et de ressources, investir dans une licence est toujours aussi casse gueule. Sort alors un jeu quelque peu batard, qui ne manque pas de charme mais qui trouve finalement sa place logique entre une pub pour Haribo en 3D et un téléphone portable estampillé Avatar diffusées avant le film. Difficile constat quand on se rappelle l’enthousiasme du CEO d’Ubi durant le dernier E3.
Ainsi, si on constate qu’en moyenne 10% des jeux sortis constituent des adaptations de films, on peut en venir à se demander s’ils ne se destinent pas à devenir des titres moyens, laissant les séries originales et donc, disposant du temps suffisant à leur peaufinage, truster la liste des bons élèves du jeu vidéo.
Constat logique mais d’un certain côté difficile, tant on aimerait parfois voir certains longs métrages profiter d’adaptations à leurs hauteurs. C’est par contre un point de plus pour la créativité, avec l’idée de s’inspirer directement du média cinéma pour densifier toujours plus les univers tout en gardant leur cohérence.
Heavy Rain, s’il te plait, ne soit pas ce gros pétard mouillé dont j’entends si souvent parler.
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Tags: adaptation, Avatar, Avatar The Game, cinéma, déclaration, échec, Jeux Vidéo, yves guillemot
Un commentaire pour “Le petit jeu des déclarations: Yves Guillemot reconnaît l’échec Avatar”
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Thib :
janvier 27th, 2010 at 3 h 59 minbon article; connait-on le temps de développement du jeu ?
Il est clair que les jeux à licence sont souvent de qualité douteuse, tout dépend de la motivation qu’il y a derrière : produire un jeu simple produit faisant partie de la gamme de produits dérivés de la licence. Ou faire du film un jeu vidéo a part entière. Effectivement, quand l’équipe est là pour faire un jeu vidéo à part entière, et si on la pourvoit de libertés de temps et de création, ça peut être très bon. Enfin je veux dire par là que, évidemment, jeu à licence n’est pas systématiquement synonyme de daube. Je repense à un bon vieux goldeneye par exemple, ou a de grands titres de l’époque Super Nintendo, et il y en a bien d’autres, comme les tout à fait justement cités dans l’article !
Quoi qu’il en soit, longue vie à l’association du cinéma et du jeu vidéo, qui peut donner vie à de très bonnes choses !